Les services de messagerie sont devenus indispensables dans notre quotidien. Mais ce que les utilisateurs ignorent, c’est que mettre en place un tel service en entreprise est relativement complexe.

Cet article va nous permettre d’avoir une premiĂšre vision sur la façon de dĂ©ployer la messagerie dans notre environnement et comment les diffĂ©rents protocoles (SMTP pour l’envoi et IMAP pour la rĂ©ception) travaillent ensemble.

Alors c’est parti pour un gros tuto aujourd’hui : l’installation d’un serveur de messagerie sous Linux Debian avec les logiciels Postfix et Dovecot. Et en bonus, l’installation du webmail Rainloop ! shock 


Installation d’un serveur de messagerie sous Debian Linux

De nos jours, tout le monde connaĂźt la messagerie et utilise une ou plusieurs adresses mails. Mais peu de gens connaissent rĂ©ellement le fonctionnement global d’une messagerie. C’est un projet particuliĂšrement complexe Ă  comprendre et Ă  mettre en place que nous allons tenter de rĂ©aliser ensemble aujourd’hui.

Ce tuto est assez complexe et plutĂŽt long je le sais, je me suis efforcĂ©e de mettre un maximum d’informations ou de point de repĂšres pour vous aider. Restez concentrĂ©s et attentifs, surtout au niveau de la syntaxe des commandes et dans les fichiers et tout devrait bien se passer ! cool 

 

1. Introduction

La messagerie n’étant pas un systĂšme interactif, comme par exemple un service web qui affiche instantanĂ©ment une page, il faut un service responsable de l’envoi et de la rĂ©ception/stockage des mails, et un autre responsable de la transmission du mail au destinataire lorsqu’il va se connecter. C’est pourquoi la messagerie utilise plusieurs protocoles, les plus connus Ă©tant SMTP et IMAP (ou POP).

Voici pour information un tableau récapitulatif des ports associés aux protocoles des services de messagerie :

Le protocole SMTP sert Ă  Ă©changer des messages entre serveurs de messagerie. Il va permettre l’envoi et la rĂ©ception de mails quand l’utilisateur n’est pas connectĂ© en stockant les messages dans une boĂźte mail.

Ensuite, pour rĂ©cupĂ©rer les mails quand on se connecte Ă  sa messagerie via un logiciel de type Outlook ou un webmail comme Gmail, le protocole utilisĂ© sera alors le protocole IMAP (ou POP qui est son ancĂȘtre). C’est lui qui va se connecter au serveur de messagerie oĂč sont stockĂ©s les messages et qui pourra ainsi les rĂ©cupĂ©rer.

Pour cette procĂ©dure, j’ai choisi d’utiliser le logiciel Postfix, qui va nous permettre de faire du SMTP, couplĂ© Ă  une interface web Postfixadmin pour aider Ă  la gestion des comptes de messagerie sur le domaine. Les utilisateurs seront « virtuels » et stockĂ©s en base de donnĂ©es.

Pour la partie récupération et classement des mails (IMAP), nous allons utiliser le logiciel Dovecot.

Et enfin, pour que les utilisateurs puissent accĂ©der Ă  leur messagerie, nous utiliserons un webmail simple et lĂ©ger : Rainloop. Un webmail est un serveur web qui permet de lire et envoyer des messages directement via un navigateur plutĂŽt qu’en utilisant une application comme Thunderbird par exemple.

Un logiciel anti-spam est grandement prĂ©conisĂ© sur un serveur de messagerie. Cette partie ne sera pas dĂ©taillĂ©e ici mais je vous conseille SpamAssassin qui s’adapte parfaitement Ă  Postfix.

Info ++ : Petite prĂ©cision tout de mĂȘme avant de commencer ! Ce tuto a Ă©tĂ© fait dans un cadre privĂ© sur une plateforme de tests interne non accessible depuis l’extĂ©rieur, je ne vais donc pas utiliser un « vrai » nom de domaine, c’est-Ă -dire un nom dĂ©posĂ© chez un registrar etc et je ne pourrai par consĂ©quent pas « rĂ©ellement » dĂ©livrer un mail Ă  une adresse existante. Ceci n’est qu’une illustration !

Ceci Ă©tant dit, voyons un peu l’infrastructure utilisĂ©e dans le contexte de ce tutoriel :

J’utilise deux machines virtuelles Debian Stretch (9.5), une ayant le rĂŽle de serveur sans interface graphique et une cliente avec l’interface KDE. Mon infrastructure a un accĂšs Ă  Internet grĂące Ă  un routeur NAT Cisco simulĂ© sous GNS3 (vous pouvez tout Ă  fait utiliser une tierce machine virtuelle sous Linux ou Windows qui devra possĂ©der 2 cartes rĂ©seaux en guise de routeur NAT).

Je pars du principe que vous avez déjà dans votre infrastructure un serveur DNS paramétré et fonctionnel pour votre domaine. Dans mon cas, mon serveur de messagerie est également mon serveur DNS. Voici les entrées créées dans mon DNS (bind9) pour le bon fonctionnement des services de messagerie :

Les bases sont placées, maintenant, il y a un peu de boulot sur le serveur


 

2. Installation des paquets et préparation du systÚme

Info ++ : soyez vigilants en saisissant les contenus qui vont suivre, une simple indentation ou un caractĂšre en plus ou un moins dans un fichier de configuration peut aboutir au dysfonctionnement d’un service. Servez-vous des logs du serveur qui vous donneront des pistes sur les fichiers posant problĂšme.

On commence toujours par une petite vĂ©rification (et application) d’éventuelles mises Ă  jour :

apt-get update && apt-get upgrade -y

Ensuite on va installer les services de base de ce qu’on appelle une pile « LAMP » (Linux Apache Mysql PHP) :

apt-get install apache2 mariadb-server php7.0 -y

On continue par installer toutes les dépendances de php7.0 dont nous allons avoir besoin par la suite et on redémarre le service apache2 pour la prise en compte de ces dépendances :

apt-get install php7.0-mysql php7.0-mbstring php7.0-imap php7.0-xml php7.0-curl -y
service apache2 restart

On poursuit avec deux petits utilitaires qu’on utilisera pour le test final :

apt-get install tree mailutils -y

On installe Postfix :

apt-get install postfix postfix-mysql -y

Pendant l’installation, choisissez le mode « Site Internet » et saisir le nom de votre domaine ou encore le nom complet du serveur de messagerie (nom+domaine) en tant que « Nom de courrier ».

Et enfin, on installe Dovecot :

apt-get install dovecot-mysql dovecot-pop3d dovecot-imapd dovecot-managesieved -y

On va Ă©galement crĂ©er sur le serveur un groupe+utilisateur local nommĂ© ici « vmail » qui sera chargĂ© de gĂ©rer les emails. Son « home directory » sera dĂ©fini sur /var/vmail et contiendra par la suite l’ensemble des mails reçus par le serveur.

groupadd -g 5000 vmail
useradd -g vmail -u 5000 vmail -d /var/vmail -m

On va passer à l’installation et la configuration de Postfixadmin.

 

3. Installation et configuration de Postfixadmin

Comme exposĂ© en introduction, les comptes de messagerie seront virtuels. Pour administrer ses comptes de façon graphique, nous allons utiliser l’interface web du service Postfix appelĂ©e PostfixAdmin.

Avant de procĂ©der Ă  l’installation, nous allons prĂ©parer la base de donnĂ©es nĂ©cessaires au bon fonctionnement. Avant tout, si ce n’est pas dĂ©jĂ  le cas, on va sĂ©curiser mysql en dĂ©finissant au compte root un mot de passe pour s’y connecter :

mysql_secure_installation

Une sĂ©rie de question vous sera alors posĂ©e. La 1Ăšre vous demandera de saisir le mot de passe actuel pour root. Nous n’en avons pas, appuyez juste sur la touche EntrĂ©e.

Ensuite on vous demande « Set root password ? [Y/n] ». Appuyez de nouveau sur la touche EntrĂ©e pour rĂ©pondre « Oui » (Y = Yes) et dĂ©finir un mot de passe pour l’utilisateur root (2 fois).

Pour toutes les questions qui suivront, appuyez sur Entrée pour valider.

Connectez-vous à mariadb et saisissez le mot de passe fraßchement défini pour root :

mariadb -u root -p

On commence par crĂ©er une base de donnĂ©es que j’ai appelĂ© ici « postfix » :

CREATE DATABASE postfix;

Ensuite, on crée un utilisateur, appelé postfix, et on lui attribue un mot de passe.

Info ++ : Tout au long de cette procĂ©dure, n’oubliez pas de remplacer les parties « choose_a_password » par le mot de passe que vous avez choisi.

CREATE USER 'postfix'@'localhost' IDENTIFIED BY 'choose_a_password';

Et ensuite, je donne à mon nouvel utilisateur « postfix », les pleins pouvoirs sur la base de données qui porte son nom.

GRANT ALL PRIVILEGES ON `postfix` . * TO 'postfix'@'localhost';

Pour des raisons de sĂ©curitĂ©, nous utiliserons (plus tard dans ce tuto) plutĂŽt un autre utilisateur pour accĂ©der Ă  la base de donnĂ©es « postfix » et qui n’aura que le droit de lecture. Ce compte se nommera « mailuser ». Je le crĂ©e et lui donne les droits nĂ©cessaires :

CREATE USER 'mailuser'@'localhost' IDENTIFIED BY 'choose_a_password';
GRANT SELECT ON `postfix`.* TO 'mailuser'@'localhost';

La base de donnĂ©es est prĂȘte. On applique les nouveaux privilĂšges et nous pouvons quitter mariadb :

FLUSH PRIVILEGES;
QUIT ;

On peut dĂ©sormais installer Postfixadmin. Se placer dans le rĂ©pertoire /srv/, tĂ©lĂ©charger l’archive nĂ©cessaire et la dĂ©compresser :

cd /srv/
wget -O postfixadmin.tgz https://github.com/postfixadmin/postfixadmin/archive/postfixadmin-3.2.tar.gz
tar -zxvf postfixadmin.tgz

DĂ©placez le contenu de l’archive dĂ©compressĂ©e dans un dossier appelĂ© « postfixadmin ». S’il n’existe pas dĂ©jĂ  dans /srv, il sera créé :

mv postfixadmin-postfixadmin-3.2 postfixadmin

Créez un lien symbolique de notre dossier postfixadmin dans /var/www/html/postfixadmin :

ln -s /srv/postfixadmin/public /var/www/html/postfixadmin

Maintenant, on va définir notre configuration. Créez un fichier nommé « config.local.php ».

nano /srv/postfixadmin/config.local.php

InsĂ©rer dans ce fichier le texte suivant sans oubliez d’adapter selon l’utilisateur que vous avez crĂ©Ă©, le mot de passe que vous lui avez attribuĂ© et le nom de base de donnĂ©es dĂ©fini :

<?php
$CONF['database_type'] = 'mysqli';
$CONF['database_host'] = 'localhost';
$CONF['database_name'] = 'postfix';
$CONF['database_user'] = 'postfix';
$CONF['database_password'] = 'choose_a_password';

$CONF['configured'] = true;
?>

Toujours dans notre dossier postfixadmin, crĂ©ez un dossier nommĂ© « templates_c » et rendez l’utilisateur « www-data » (user spĂ©cifique du service web) propriĂ©taire de ce dossier et de tout ce qu’il s’y trouvera. Ce rĂ©pertoire est nĂ©cessaire pour la bonne exĂ©cution du setup de Postfixadmin.

mkdir -p /srv/postfixadmin/templates_c
chown -R www-data /srv/postfixadmin/templates_c

On peut maintenant lancer le setup. Depuis le navigateur internet d’un poste client sur le mĂȘme rĂ©seau, rendez-vous Ă  l’adresse suivante (en adaptant le nom serveur.domaine bien sur) :

http://srv-mail.ent.lan/postfixadmin/setup.php 

Une série de tests sera alors lancée et si vous avez des erreurs, vous devrez les corriger pour poursuivre.

La plupart des erreurs que j’ai eu sont dues Ă  des dĂ©pendances de php7.0 oubliĂ©es (multibyte string, IMAP functions etc
) ou bien le service apache qui n’a pas Ă©tĂ© redĂ©marrĂ© et n’a donc pas pris en compte les modifications, des erreurs d’écriture dans le dossier template_c, ou l’ajout de « mysql » au lieu de « mysqli » dans le fichier config.local.php


Les indications donnĂ©es par le setup en cas d’erreurs sont plutĂŽt claires (quoi que l’on peut se poser des questions pour certaines alertes ou on demande une dĂ©pendance de php5 alors que le setup a bien dĂ©tectĂ© l’utilisation de la version 7.0
 ne pas tenir compte de php5 si vous utilisez du 7.0 ou du 7.2 etc
 installez les dĂ©pendances de la version que VOUS utilisez).

Lorsque que tous les tests seront validĂ©s, descendez tout en bas de la page. On vous demandera de dĂ©finir un mot de passe pour l’installation. Ce mot de passe doit ĂȘtre assez fort. Une fois fait, Cliquez sur Generate […].

Le mot de passe que vous avez défini sera alors crypté.

Il faut copier TOUTE LA LIGNE FOURNIE et la coller dans le fichier config.local.php du serveur entre les 2 balises de php (grosse pensĂ©e pour ceux qui ne se sont pas connectĂ©s en ssh au serveur depuis le client et qui vont devoir tout saisir Ă  la main
 attention risque d’erreur maximal !)

Ensuite on va vous demander de crĂ©er un compte pour se connecter Ă  l’interface phpmyadmin.

Saisissez de nouveau le mot de passe du setup que vous avez défini juste avant. Créer un compte du type admin@votredomaine, lui attribuer un password et cliquez sur Ajouter un administrateur.

Une fois le compte d’administration crĂ©Ă©, vous aurez le message suivant :

Vous pouvez dĂ©sormais vous connectez Ă  l’interface web Postfixadmin Ă  l’adresse suivante :

http://srv-mail.ent.lan/postfixadmin/login.php

Voici un aperçu de la console d’administration :

Nous allons ajouter notre domaine. Cliquez sur « Liste des domaines » et « Nouveau domaine » dans les onglets en haut de la page :

Ajoutez votre domaine et dĂ©finir le nombre d’alias et de comptes courriers sur 0 pour pouvoir en crĂ©er en illimitĂ©.

On peut maintenant créer nos adresses de messagerie. Cliquez sur « Liste des virtuels » et « Ajouter un compte courrier » dans les onglets en haut de la page.

CrĂ©er 2 boĂźtes utilisateurs qui devront s’échanger des mails. Le nom d’utilisateur sera celui utilisĂ© dans l’adresse mail devant le @domaine. Le nom sera celui affichĂ© pour les Ă©changes entre utilisateurs. Vous pouvez dĂ©finir une limite de taille pour la boĂźte de l’utilisateur (oui j’ai mis 10Mo car je suis super radine !). Veillez Ă  bien cocher la case Actif et cliquez sur Ajouter le compte courriel. Refaites la manipulation pour un second utilisateur.

Voilà pour la partie gestion des adresses mails ! Maintenant, nous allons procéder à la configuration de Postfix sur le serveur.

 

4. Configuration de Postfix

Pour rappel, Postfix est le logiciel de messagerie chargé de la livraison des emails. Il faut lier Postfix à la base de données afin que les utilisateurs puissent échanger des messages.

On va commencer par donner accÚs au domaine à postfix. Dans /etc/postfix, créez un fichier nommé « mysql-virtual-mailbox-domains.cf » et y insérer le contenu suivant :

user = mailuser
password = choose_a_password
hosts = 127.0.0.1
dbname = postfix
query = SELECT 1 FROM domain where domain='%s'

Ce fichier va permettre Ă  Postfix, quand il reçoit un mail destinĂ© Ă  user@ent.lan, de dĂ©terminer si notre serveur est bien en charge du domaine ent.lan. Il faut qu’en exĂ©cutant la requĂȘte (dĂ©finie Ă  la ligne “query”), un Ă©lĂ©ment quelconque soit retournĂ©.

Si rien n’est retournĂ© Ă  l’exĂ©cution de la requĂȘte, cela signifie que le domaine n’est pas prĂ©sent et que le serveur devra transmettre la demande Ă  un autre serveur de messagerie.

Activez la configuration avec la commande suivante :

postconf -e virtual_mailbox_domains=mysql:/etc/postfix/mysql-virtual-mailbox-domains.cf

On va tester si la recherche du domaine « ent.lan » fonctionne bien avec la commande ci-dessous :

postmap -q ent.lan mysql:/etc/postfix/mysql-virtual-mailbox-domains.cf

Son retour devra afficher la valeur 1 pour indiquer que le domaine « ent.lan » est bien trouvé.

Ensuite on va vérifier si la boßte mail existe, comme pour le domaine. Créez cette fois-ci le fichier « mysql-virtual-mailbox-maps.cf » dans /etc/postfix et y insérer les lignes suivantes :

user = mailuser
password = choose_a_password
hosts = 127.0.0.1
dbname = postfix
query = SELECT 1 FROM mailbox where username='%s'

On active avec la commande :

postconf -e virtual_mailbox_maps=mysql:/etc/postfix/mysql-virtual-mailbox-maps.cf

Et on teste, comme pour le domaine, si la boßte « informatique@ent.lan » créé précédemment existe.

postmap -q informatique@ent.lan mysql:/etc/postfix/mysql-virtual-mailbox-maps.cf

Son retour devra afficher la valeur 1 pour indiquer que l’adresse mail est bien trouvĂ©e.

Postfix trouve bien le domaine ent.lan et également les boßtes mails créées. Passons à la configuration de Dovecot.

 

5. Configuration de Dovecot

Maintenant qu’on arrive Ă  faire circuler les mails sur notre serveur, et qu’on les arrĂȘte quand ils sont pour nous, il faut pouvoir les rĂ©cupĂ©rer pour les mettre dans des dossiers. C’est le rĂŽle de Dovecot.

Placez-vous dans le dossier /etc/dovecot/conf.d/. Le premier fichier à modifier est « 10-auth.conf ». La ligne « auth_mechanisms » doit avoir comme valeur « plain login ».

Ensuite, tout Ă  la fin de ce mĂȘme fichier, il faut dire Ă  Dovecot qu’il doit utiliser des utilisateurs en base de donnĂ©es et non ceux du systĂšme. Il faut pour cela « commenter », c’est-Ă -dire ajouter le symbole # devant la ligne « ! include auth-system » et « dĂ©commenter », supprimer le symbole # donc, devant la ligne « ! include auth-sql »

Modifiez le fichier « auth-sql.conf.ext ». Recherchez le bloc « userdb » et remplacez les informations par celles-ci :

userdb {
  driver = static
  args = uid=vmail gid=vmail home=/var/vmail/%d/%n
}

Éditez le fichier « 10-mail.conf ». Modifiez la ligne « mail_location » actuelle par celle ci :

mail_location = maildir:/var/vmail/%d/%n/Maildir

Vous pouvez commenter (#) l’ancienne ligne et ajouter la nouvelle juste dessous.

Modifiez le fichier « 10-master.conf ». Dans le bloc de configuration « service auth », cherchez la partie « # Postfix smtp-auth » et y ajouter les lignes suivantes :

unix_listener /var/spool/postfix/private/auth {
  mode = 0666
  user = postfix
  group = postfix
}

On va maintenant indiquer à Dovecot comment se connecter à la base de données. Placez-vous dans le dossier /etc/dovecot.

Modifier le fichier « dovecot-sql.conf.ext ». Tout à la fin de ce fichier, ajouter les 3 lignes suivantes en adaptant avec vos informations :

driver = mysql
connect = host=127.0.0.1 dbname=postfix user=mailuser password=choose_a_password
password_query = SELECT username,domain,password FROM mailbox WHERE username='%u';

Modifiez les droits sur le fichier « dovecot.conf » situĂ© dans /etc/dovecot pour que Dovecot soit lancĂ© en tant qu’utilisateur « vmail » :

chgrp vmail /etc/dovecot/dovecot.conf
chmod g+r /etc/dovecot/dovecot.conf

Et pour terminer pour cette configuration de Dovecot, redémarrez le service :

service dovecot restart

 

6. Mise en place de la liaison Postfix <-> Dovecot

Maintenant qu’on a d’un cĂŽtĂ© Postfix, qui sait quand un mail passe s’il est pour lui ou s’il doit le transmettre Ă  un autre serveur mails, et Dovecot qui sait oĂč les stocker, il faut donc que Postfix relaie les mails a Dovecot.

Pour cela, ajouter les 2 lignes suivantes Ă  la fin du fichier /etc/postfix/master.cf. Attention, la deuxiĂšme ligne “flags” commence par deux espaces qui sont OBLIGATOIRES !

Info ++ : Il est plus que vivement conseiller de saisir Ă  la main ces deux lignes (ne pas faire de copier/coller) car c’est CE fichier qui risque le plus de gĂ©nĂ©rer des erreurs par la suite. Dans la 1Ăšre ligne, les champs sont sĂ©parĂ©s les uns des autres par une tabulation, la seconde ligne commence par 2 indentations.

dovecotunix        –              n             n             –              –              pipe
  flags=DRhu user=vmail:vmail argv=/usr/lib/dovecot/dovecot-lda -f ${sender} -d ${recipient}

Si vous avez par la suite dans les logs des insultes de ce type



ne cherchez pas plus loin et revenez dans ce fichier, l’erreur est ici et il y a 99% de chance que ce ne soit qu’un problùme de syntaxe.

Redémarrez le service postfix :

service postfix restart

Et appliquez les modifications que l’on vient d’effectuer avec les 2 commandes suivantes :

postconf -e virtual_transport=dovecot
postconf -e dovecot_destination_recipient_limit=1

Maintenant, nous allons tester la configuration actuelle.

Pour l’instant, le dossier /var/vmail est vide. Nous pouvons le vĂ©rifier avec la commande :

tree /var/vmail

Tentons d’envoyer un mail de test Ă  l’utilisateur « informatique » en ligne de commande :

echo test | mail informatique@ent.lan

Cette commande ne produira aucun retour. Pour vĂ©rifier l’état de notre mail, il faut consulter les logs :

tail -f /var/log/mail.log

Les derniĂšres lignes des logs devraient ressembler Ă  celles-ci :

Nous voyons qu’un mail Ă  destination de informatique@ent.lan a Ă©tĂ© bien envoyĂ©. Le statut doit ĂȘtre Ă  l’état « sent » sinon cela signifie qu’une erreur s’est glissĂ©e dans votre configuration.

Relancer la commande suivante pour vĂ©rifier qu’une arborescence a bien Ă©tĂ© crĂ©Ă©e :

tree /var/vmail

On voit qu’un dossier au nom du domaine a Ă©tĂ© crĂ©Ă©, qu’il contient un dossier au nom de notre utilisateur « informatique » et que ce dernier Ă  un fichier, un message, dans le dossier « new ».

Le serveur de messagerie est donc bien paramétré et désormais fonctionnel !

 

7. Installation et configuration de Rainloop

Nous allons, pour conclure ce long tuto, installer le webmail Rainloop pour que les utilisateurs consultent leurs messages en « graphique », ce qui est quand mĂȘme plus sympa


Info + : Le webmail Rainloop a Ă©tĂ© choisi pour sa simplicitĂ© d’installation et son utilisation simplifiĂ©e pour les utilisateurs finaux. Je l’ai installĂ© sur le serveur de messagerie car ce dernier dispose dĂ©jĂ  de la pile LAMP nĂ©cessaires mais c’est purement dans un soucis pratique, vous pouvez tout Ă  fait l’installer sur un serveur tiers.

CrĂ©ez un rĂ©pertoire « rainloop » dans /var/www /html et placez-vous Ă  l’intĂ©rieur :

mkdir /var/www/html/rainloop
cd /var/www/html/rainloop

Récupérez la derniÚre version de Rainloop :

wget -qO- https://repository.rainloop.net/installer.php | php

Toujours dans le dossier /var/www/html/rainloop, appliquez les droits nécessaires et préconisés par Rainloop :

find . -type d -exec chmod 755 {} \;
find . -type f -exec chmod 644 {} \;
chown -R www-data:www-data .

Allez dans /etc/apache2/sites-available et copiez le fichier « 000-default.conf » en le renommant « rainloop.conf »:

cp 000-default.conf rainloop.conf

Éditez ce nouveau fichier rainloop.conf. Remplacez la ligne « DocumentRoot » actuelle par « DocumentRoot = /var/www/html/rainloop »

Activez le site de rainloop et redémarrez apache2 pour appliquer les changements :

a2ensite rainloop.conf
service apache2 restart

Depuis le navigateur internet d’un client, allez à l’adresse suivante (sans oubliez le ?) :

http://srv-mail.ent.lan/rainloop/?admin

Les identifiants de connexion par dĂ©faut (qui peuvent et mĂȘme DOIVENT ĂȘtre modifiĂ©s) sont :

  • Login : admin
  • MDP : 12345

Vous pouvez modifier la langue de l’interface en cliquant sur le langage dĂ©fini et sĂ©lectionnant celui souhaitĂ© dans la liste.

On va déclarer notre domaine « ent.lan ». Allez dans le menu « Domaines » sur la droite et cliquez sur « + Ajouter un domaine ».

Renseignez le nom complet (nom+domaine) du serveur qui gĂšre la messagerie dans la partie IMAP et SMTP. Les ports peuvent ĂȘtre laissĂ©s par dĂ©faut sur 143 pour IMAP et 25 pour SMTP.

Les 2 parties « Secure » doivent ĂȘtre dĂ©finies sur « None » car nous n’avons pas abordĂ© ce point. Et enfin, dĂ©cochez toutes les cases Ă©ventuellement cochĂ©es.

Cliquez sur le bouton « i Test » pour vĂ©rifier la configuration. Si aucune erreur n’apparaĂźt, cliquez sur « + Ajouter ».

Le client webmail est prĂȘt ! On le teste ? OK ! Allez Ă  l’adresse suivante :

http://srv-mail.ent.lan/rainloop/

Connectez-vous en utilisant l’adresse mail et le mot de passe d’un des 2 utilisateurs que vous avez crĂ©Ă©s dans Postfixadmin.

Une fois connectĂ©, on retrouve dans la boĂźte de rĂ©ception le mail envoyĂ© tout Ă  l’heure en ligne de commande.

Allez, on va envoyer un mail Ă  notre 2nd utilisateur crĂ©Ă© avec Postfixadmin ! Cliquez sur Nouveau en haut Ă  gauche et envoyez le message souhaitĂ© au destinataire (ça, pas besoin de vous dire comment faire je suis sĂ»re 😀  )

Et pour vĂ©rifier, et bien c’est simple, on se connecte sur la seconde boĂźte mail, c’est-Ă -dire celle du destinataire !

Nous avons bien reçu le message de informatique@ent.lan !

 

Nous disposons d’un serveur de messagerie fonctionnel grñce à Postfix et Dovecot et du webmail Rainloop pour que nos utilisateurs puissent consulter leurs mails !

 

Cette premiĂšre approche est arrivĂ©e Ă  son terme (ah ben c’est pas trop tĂŽt !)! Evidemment, le mieux serait de sĂ©curiser nos Ă©changes grĂące Ă  des certificats et surtout l’utilisation des ports sĂ©curisĂ©s et pour cela, ce n’est pas compliquĂ© il suffit de


Eh je ne vais pas faire tout le boulot pour vous quand mĂȘme laugh1 ! Je vous laisse un peu faire vos propres recherches… big_boss

See U !

[Tuto] DĂ©ployer un serveur mail sous Debian avec Postfix et Dovecot

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